06 novembre 2019

3 Questions à Christophe Hébert, président de l'Agores

 « Il ne faut pas aller trop vite »


3 questions à CHRISTOPHE HÉBERT, président de l'Agores, l'Association des professionnels de la restauration publique territoriale, qui a publié en juin dernier un Livre blanc sur les alternatives aux conditionnements en plastique en restauration collective.

La loi Egalim, votée en octobre 2018, impose aux collectivités de plus de 2 000 habitants « l’utilisation de matériaux inertes et durables », avant le 1er janvier 2025, 2028 pour les collectivités moins importantes. À l'Agores, vous avez des retours terrain de vos adhérents, ingénieurs en restauration, cuisiniers. Seront-ils prêts ? Comment font-ils leur choix entre les différentes alternatives : inox, cellulose, verre…

Nos adhérents, qui représentent 3 000 collectivités, sont déjà en ordre de bataille. La suppression de la vaisselle, des brocs d'eau, du petit matériel de service en plastique est déjà engagée et sera effective pour la plupart d'entre eux à la fin de l'année. En revanche, c'est plus difficile pour la substitution des barquettes en plastique dans lesquelles les repas sont conditionnés en cuisine centrale, transportés et réchauffés dans les satellites. Certains sites ont fait le choix de la cellulose ou autre alternative, mais ce sont des solutions que je considère transitoires. L'utilisation de ces nouvelles solutions bute sur des difficultés, notamment celle de l'approvisionnement et de la quantité disponible. Cellulose, inox, verre, nous continuons nos expérimentations et nous travaillons à l'acte II : un guide des substitutions et alternatives au niveau des emballages alimentaires en plastique, programmé pour 2020.

Les professionnels de la restauration collective sont-ils écoutés par les pouvoirs publics sur ce sujet ?
Le nouveau Programme national de l'alimentation et de la nutrition (PNAN) précise que le ministère de la Transition écologique et solidaire soutiendra les collectivités et les acteurs économiques pour aller vers la substitution du plastique dans les cuisines centrales. Nous avons envoyé un courrier à la ministre Elisabeth Borne pour suggérer des modalités de travail en commun et d'échanges. Les professionnels de la restauration collective mobilisés sur la substitution du plastique peuvent apporter leur expertise au comité de pilotage de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens.
 
Quel est le message de l'Agores à destination des élus qui vont se lancer dans la campagne des municipales et peut-être promettre aux parents d'arrêter le plastique à la cantine ?
Nous sommes prêts à répondre à toutes leurs questions. Nous mettons à leur disposition un résumé de 4 pages du Livre Blanc. Il y a des villes où les collectifs de parents sont organisés et demandent aux élus de s'engager à retirer le plastique des cuisines centrales à très court terme. Nous comprenons leurs inquiétudes. Mais il ne faut pas aller trop vite et risquer de faire de mauvais choix qui engageraient sur le long terme les collectivités. Les temporalités sont différentes. Il y a le temps électoral, le temps de l'action immédiate et le temps de la R & D. 
 

Abstract du Livre Blanc 

Partager cette page :

© 2017 tous droits réservés. Mentions légales